Pourquoi j’en parle ?
En tant qu’artisan couturier diplômé, je constate, comme beaucoup de confrères et de consœurs, que les temps ne nous sont pas cléments. Loin de là. Entre l’augmentation du coût de la vie, de l’énergie, la baisse du pouvoir d’achats et les charges apportées à vos prestations et les services que vous proposez : 21,20% et je ne parle que des services artisanaux concernant même les micro-entrepreneurs. Et comme beaucoup de micro-entrepreneurs de différents corps de métiers, nous sommes confrontés à plusieurs obstacles que je vous listerai plus tard.
L’idée ici n’est ni de vous faire la morale ni de vous justifier quoi que ce soit par un apitoiement, mais de vous expliquer en quoi notre métier de couturier n’est plus considéré comme un métier dans la France de 2026 et en quoi c’est problématique.
De mon point de vue, je n’étais hélas pas étonné de la polémique autour de Shein1 et de BHV. Je reste en revanche étonné d’entendre les médias parler du caractère néfaste de la Fast Fashion seulement quand il y a une polémique de ce genre là. Je constate également sur les médias sociaux, des batailles se dérouler dans les espaces commentaires entre ceux qui accusent la Fast Fashion d’être immorale (et écocidaire), et de l’autre, ceux qui saluent la Fast Fashion de donner aux couches sociales les plus pauvres, l’accès facile à des vêtements, biens que (ou parce que) produits à l’autre bout du monde dans les conditions que nous connaissons. Face à cela, nous sommes confrontés, nous autres artisans, à une incompréhension de la part d’une frange de la population quant à nos prix. Pour ma part et à ce jour, je travaille à 35€ de l’heure. Mes collègues situées sur Bordeaux ou au Cap Ferret, qui ont donc une clientèle ayant plus de moyens, peuvent se payer plus chers. Ce qui ne donne effectivement pas le même prix pour une retouche, ou un article artisanal de notre fabrication, que si vous l’achetez sur Temu. Et nous entendons parfois (voir souvent) cette même réflexion :
“Attends, à ce prix là, je peux trouver la même chose pour moins cher sur Amazon”
Sur le coups, j’ai été étonné d’entendre des gens juger avec autant d’assurance, ce que doit être le coût du travail en France. Je constate avec regret que beaucoup confirment la thèse de la “Mondialisation heureuse” d’Alain Minc2.
Ils adoptent sans le savoir, le même raisonnement que le Grand Patronat désireux de délocaliser les usines en Europe de l’Est, au Maghreb ainsi qu’en Asie du Sud-Est dans le but d’avoir une main d’œuvre bien moins chère. 3
Mais ressenti mis à part, il faut se rendre à l’évidence : cette réaction est logique.

Un manchot qui décide de suivre sa propre voie, hors de sa colonie. Source : Werner Herzog, Rencontres au bout du monde (2007)
Après une destruction quasi totale de notre industrie textile4(parmi tant d’autres)5, nous nous sommes habitués à voir le vêtement comme un objet consommable qui apparaît comme par magie dans notre boîte aux lettres ou dans les rayons du premier Zara venu. Les usines et ateliers textiles sont presque relégués au rang de curiosité touristique. Fabriquer français est devenu un luxe exotique, alors qu’avant, c’était la norme. Sans usines textiles à proximité, nous avons totalement oublié le concept de fabrication d’un vêtement. Oublié qu’il s’agit d’un savoir-faire nécessitant plusieurs années de pratique pour mesurer, couper et assembler des pièces qui donneront à la fin un vêtement censé convenir à vos mesures et le plus longtemps possible. La couture n’est plus l’un des plus vieux métiers du monde, mais est désormais un loisir créatif.
Donc forcément, quand on est habitués aux prix de Shein, Kiabi ou Vinted, on est surpris de voir une artisane proposer des prix… basés sur des normes françaises, comportant son savoir-faire, le coût du travail, de la vie, des matières avec les marges, des charges, de l’énergie, du stand du marché et du loyer.
Comment ce fut possible ? Comment le pays des Canuts, des Grands-couturiers, des Dentellières, des Modistes, des Bottiers d’exception, des travailleurs du cuir, et des Couturières de villages, a pu en arriver là ?
Comme c’est un sujet assez dense et qu’il faut passer par de la contextualisation, je vais essayer d’y répondre à travers plusieurs articles. Mais pour l’instant un peu d’histoire !
Un patrimoine textile historique :
Peut-on oser présenter la couture comme l’un des plus vieux métiers du monde ? Je dirai que oui.
À en juger par le fait que cette pratique remonte en des temps bien plus anciens que nous ne le pensons. La plus vieille aiguille à coudre connue remonterait à moins de 50 000 ans avant notre ère6. Et on remarque que sa forme n’a pas changé depuis. La couture et le travail qui en découle apporte donc des évolutions qui pour certaines, marqueront à jamais notre morphologie. Le pantalon par exemple, dont le plus vieux (3 000 ans) nous vient de Chine.7 Pantalon qui serait porté à travers l’Eurasie, notamment par les Perses pour ensuite être l’un des vêtements par excellence des Celtes, puis des Gaulois8. Gaulois, qui se distinguent de leurs voisins méditerranéens par un artisanat hors-pair, dont la coupe et la couture de vêtements.9 Faisons à présent un saut dans le temps pour constater qu’au XVI-XVIIe siècle, la France, qui jusqu’ici travaillait comme ressources textiles la Laine, le Lin ainsi que le Chanvre, fait importer d’Asie les vers à Soie10. C’est à partir de là que va se lancer, notamment sur Lyon, les premières soieries, permettant de ne plus dépendre des importations, ni des intermédiaires. Tout ceci va contribuer aux prémices de l’industrie textile près de deux siècles plus tard.
Le textile possède des qualités diverses. Il produit des matériaux souples, faciles à transporter, peut être issue de mélanges de différentes fibres et à différents usages (habillement, literie, médecine, armée, tapisserie, sacs et accessoires, emballage, etc). Il est donc logique qu’il constitue le principal secteur d’expérimentation industrielle au tout début du XIXe siècle.11 On se rapproche ainsi du cœur de mon métier : le Vêtement. Il est désormais produit en masse en usines, peut être fait à partir de fibres de coton importés depuis d’autres pays grâce aux nouvelles formes de locomotions, et traverse la France via les chemins de fer. Il peut être l’apanage des élites qui s’offrent désormais les services de la Haute-Couture naissante à travers notamment Charles Frédérick Worth, comme il peut aussi se démocratiser par le biais de la production à grande échelle et de la grande distribution.12 Ainsi le vêtement prend une nouvelle place en société.
Étant donné que l’industrie textile progresse, les techniques de fabrication progressent également. La popularisation de la machine à coudre inventée plus tôt en 1830 par Barthélémy Thimonnier13, permet non seulement de produire plus vite avec beaucoup plus de facilité mais également de planifier la fabrication d’un habit autrement que lorsqu’il se fabriquait uniquement à la main. Et dans un siècle qui se tourne à la fois autant vers le progrès technique que vers l’étude du passé, le vêtement devient également un objet d’étude scientifique, notamment à travers La Société d’Histoire du Costume fondée par Maurice Leloire14. Ce patrimoine textile, additionné à un environnement propice dans la création culturelle, va donner naissance à des rencontres et des collaborations entre le monde des couturiers et celui des artistes. Mais ça j’en ai déjà parlé dans mon exposé consacré à mon mémoire sur le costume de scène.15
Le métier à tisser Jacquard ©Getty, source : http://www.radiofrance.fr
L’Industrie, porteuse d’innovations et de progrès :
L’industrie textile connaît ses (r)évolutions les plus radicales au XXe siècle. Accompagnant la Mode ainsi que les Contre-Modes qui en résultent, elle produit des changements majeurs au sein de la population occidentale :
- Transformation de la Femme : À partir de 1918, les femmes revendiquent une nouvelle place dans la société après leur participation vitale à l’effort de guerre. La popularisation du soutien-gorge16 et donc d’une garde-robe plus pratique, participe à cette évolution.
- Changement d’icônes : Ce ne sont plus les monarques et les chefs d’états qui dictent la mode mais les vedettes de cinéma issues du nouveau média populaire. Ces étoiles montantes jouent un grand rôle pour le marché de la Mode à travers la publicité grimpante.
- Militarisation du vestiaire civil : Les vêtements militaires pratiques et robustes et aux matériaux résistants, se normalisent dans la garde-robe de tous les jours. C’est le cas du trench-coat, du blouson de bombardier ou encore de la Saharienne. La Mondialisation avec ses moyens de transports de plus en plus rapides incite à s’habiller plus vite.
- Prolétarisation de la Mode : Les tissus et les coupes de vêtements de travail sont récupérés par l’Industrie de la Mode. On peut citer Chanel qui récupère des matières “non nobles” comme le jersey, ainsi que la marinière des dockers Mais comment ne pas penser à la popularisation du blue jeans, pantalon des orpailleurs américains par excellence, mais aux origines bien plus européennes qu’on ne le croit ?17
- Naissance du Sportswear : L’accès des ouvriers aux vacances balnéaires suite aux congés payés et la popularisation des loisirs sportifs donne de nouvelles identités au vêtement. La Mode propose donc des vêtements plus souples, à la fois confortables et résistants. De nouvelles matières comme le nylon et le polyester y font leur apparition.18
Et je ne parle pas des transformations majeures qu’apporte cette industrie à la société française. Qui dit Industrie, dit Prolétarisation des couches populaires, ce qui apporte une conscience de classe poussant les ouvrier(e)s du textile à se syndiquer et donc à porter des revendications ainsi que des causes.19 Cette ouvriérisation va bénéficier aux femmes qui vont raisonner en collectif grâce au “travailler ensemble”. Il ne faut pas oublier que le premier mouvement ouvrier connu en France est la révolte des ouvriers des soieries lyonnaises en 1831, dit la Révolte des Canuts.20 Il ne faut pas non plus oublier que la créatrice du soutien-gorge, Herminie Cadolle, a d’abord participé à l’insurrection de la Commune de Paris de 1871 aux côtés de Louise Michele, avant d’émigrer pour fuire la répression et monter son entreprise d’où elle fera l’invention que nous connaissons tous.21
J’ai voulu ensuite vous parler de l’importance de l’industrie textile française au XXe siècle à travers des chiffres quantitatifs mais je n’ai rien trouvé de précis antérieur aux années 1960. J’ai cependant repéré ici et là, quelques chiffres intéressants. Nous pourrions estimer que l’âge d’or de l’industrie textile française -en termes d’effectifs- remonterait à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. En 1896, elle fait travailler 902 000 salariés. En 1901, elle en faisait travailler 892 000 à travers différents secteurs.22 Mais depuis, pour différentes raisons, ces effectifs baissent, en partie du fait de la concurrence internationale.23 Cependant, l’industrie demeure importante tout au long du siècle, et les exportations restent supérieures aux importations. En 1965, l’Industrie textile emploie encore 518 200 personnes (salariées et non salariées). Cinq ans plus tard, elle passe à 450 000 (dont 51% sont des femmes).24

“Drapeau portant la devise des canuts : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant » – Faille, soie, brodé, passementerie – Révolte de 1831”, Source : http://www.lyon-france.net
En quoi ça m’importe ?
Le textile, de par son caractère pratique, souple et multidisciplinaire, offre à travers les exemples cités auparavant tout un éventail de possibilités d’innovations. Et comme il fut l’un des premiers secteurs industrialisés, il peut être considéré comme l’un des points de départ de la souveraineté industrielle de la France. Si on retire bien entendu les autres points cruciaux de souveraineté (alimentaire, militaire, politique, économique, etc…), l’exemple de l’industrie textile est porteur de progrès.
Mais au-delà de ça, il nous montre en quoi il est important de produire soi-même. Pour reprendre Pierre-Yves Rougeyron, cela nous incite plus à faire appel aux ingénieurs plutôt qu’aux marchands. C’est-à-dire, à cogiter plutôt qu’à consommer. Et que cette volonté de produire amène à l’élévation des travailleurs, à leur donner de l’importance dans le corps social à travers leur labeur et leur savoir-faire. Je prendrai l’exemple de ma mère qui, à ses 14 ans, avait demandé à ma grand-mère de lui acheter une mini-jupe. Comme ma grand-mère a refusé, elle a appris à se la coudre elle-même. Aujourd’hui encore, elle transmet encore sa passion pour la couture.Tout le monde vous dira qu’il sera en effet plus gratifiant et plus formateur de réaliser soi-même plutôt que d’acheter, car elle nous garantit une forme d’indépendance, du moins d’autonomie.
Je me permets de vous raconter tout cela car si la France a pu aller jusqu’à devenir la 2ème puissance économique mondiale25 en 1966, ce n’est pas pour rien. C’est en produisant par elle même.
L’Industrie textile n’a pas seulement fait de la France un bastion de la Mode, du chic et de l’élégance pendant près de trois à quatre siècles. Avec d’autres secteurs, elle lui a servi de tremplin vers la souveraineté intégrale. Elle a commencé par produire des draps et des pantalons, elle a fini par produire des satellites et des sous-marins nucléaires. C’est le début d’une volonté d’être souverain par les actes. Et du point de vue d’un État, la seule solution est de le faire via un appareil industriel performant.
Mais comme vous le savez, ça ne durera pas. La délocalisation passera par là provoquant de profondes entailles dans notre société. Mais ça, je vous propose d’en parler dans un prochain article.

Coupe d’un gilet à partir d’une jupe en laine démontée, ayant appartenu à ma grand-mère.
Notes de bas-de-page :
1 Martin Untersinger, Damien Leloup et Florian Reynaud, Le scandale des poupées Shein expliqué en cinq questions
2Les Echos : « La mondialisation heureuse relève chez nous de la schizophrénie », Alain Minc
3 “Selon une étude de l’Insee sur l’évaluation de l’impact du commerce international sur l’emploi, près de 12 % des chefs d’entreprises de plus de 20 salariés ont déclaré avoir délocalisé entre 2002 et 2007. Première raison invoquée par les sociétés quittant le sol français: faire baisser le prix de revient en faisant travailler des «mains» moins onéreuses et être ainsi plus compétitives face à des concurrents bénéficiant de coûts de production plus faibles. La réduction de la masse salariale serait en effet la principale motivation pour 79 % des PME (source KPMG-Medef). «La différence de coût entre la main-d’oeuvre française et celles des pays dits «low cost » serait de 1 à 5, voire de 1 à 10 dans les pays de l’Est et du Maghreb, et de 1 à 20 dans les pays asiatiques », précise Philippe Peyrard, directeur général délégué de la coopérative de lunetterie Atol et membre fondateur du Comité des entrepreneurs pour un développement responsable de l’économie (Cedre).”
Sophie Sanchez, LA DÉLOCALISATION EST-ELLE ENCORE PAYANTE?, 2010
4 “Une des premières industries à délocaliser pour avoir subi dès le début des années soixante la concurrence des pays à bas salaire est le secteur du textile, de l’habillement et du cuir (« hacuitex »). La délocalisation de lignes de production, principalement vers le Maroc et la Tunisie, a été lourde de conséquences économiques et sociales , ces industries étant implantées soit dans les régions traditionnellement industrielles, soit dans des bassins d’emploi plus ruraux mais principalement consacré à ces activités.”
Francis Grignon, Délocalisations : pour un néo-colbertisme européen – Sénat , 2004
5 “Les délocalisations ont d’abord affecté les métiers où la main-d’œuvre constituait une part importante du coût de revient (textile, habillement, cuir, jouet, électroménager, équipements automobiles par exemple). Ces activités ont connu des moments très difficiles et ont eu pour conséquences de nombreuses fermetures d’unités de production et la perte de dizaines de milliers d’emplois.”
Messaoudi, D. (2018). Entreprises et territoires : entre délocalisations et relocalisations d’activités de production. Annales de géographie, 723-724(5), 588-611. https://doi.org/10.3917/ag.723.0588.
6 La plus vieille aiguille du monde a 50.000 ans ! – Eric Le Brun – PALEOS BLOG
7 François Savatier, Le plus vieux pantalon du monde | Pour la Science, 2014
8H. d’Arbois de Jubainville, LE PANTALON GAULOIS, Revue Archéologique, Quatrième Série, T. 1 (JANVIER-JUIN 1903), pp. 337-342 (6 pages), Presses Universitaires de France
9 “Ce que l’on peut dire, c’est que contrairement aux pays méditerranéens, et, en particulier, aux pays latins qui portent des vêtements informes, constitués de draperies « aménagées », les gaulois utilisent un vêtement coupé et cousu, « enfilé » qui reproduit la forme générale du corps.”
Arcoma.fr, L’histoire de l’habillement : Chapitre II : VIe siècle av. J.C.
10 “En France, à Lyon, le tissage de la soie commença véritablement à prendre essor dans le premier tiers du xvie siècle. En 1546, on comptait quarante métiers dirigés par deux marchands-fabricants d’origine italienne. Ces derniers s’étaient vu accorder, en 1540, par François Ier, le privilège exclusif de l’importation et de la revente de la soie brute. La sériciculture se développa en France, dans la Drôme et en Ardèche, avec les essais d’implantation de vers à soie par Olivier de Serres […] Le pouvoir royal français lança la plantation de mûriers afin de développer l’élevage du ver à soie en Languedoc, en Provence et en Dauphiné (Drôme, Ardèche, Isère), mais cela n’aboutit réellement qu’au xviie siècle. ”
Muriel Barbier, Histoire des textiles à l’Époque moderne
11 “Le textile est un véritable terrain d’expérimentation. Il figure, dès le tout début de l’industrialisation, au premier rang des secteurs où les transformations technologiques sont testées, avec la filature de la laine, du coton et du lin et le dévidage de la soie, terrains d’élection de l’application de la machine à vapeur. Lorsqu’on pense à la mécanisation, l’industrie cotonnière vient immédiatement à l’esprit. Et pour cause : l’expansion de l’utilisation du coton est fulgurante. Dès le début du XIXe siècle, le coton brut s’affirme parmi les matières textiles et, à partir du milieu du siècle, il dépasse seul l’ensemble des autres matières travaillées dans l’industrie textile ”
Marie-Laure Sronek, Sophie Brouquet, Christine Dousset-Seiden, Manuela Martini « Chapitre 7. Le travail des femmes, de l’ombre à la lumière », Histoire des femmes et du genre, 2022. Consulter sur Cairn.info
12 “Outre les innovations technologiques, la baisse des prix est la clé mobilisée en général par la littérature pour expliquer la hausse de la consommation et l’essor de la production de produits textiles de gamme basse ou moyenne. Certes elle est cruciale, mais à la condition qu’elle soit couplée à la beauté des tissus fabriqués ou importés. La mode se décline pour des publics plus larges et trouve de nouveaux débouchés. La demande est internationale avec des marchés interconnectés à grande échelle, mais elle est aussi stimulée par un marché interne qui s’élargit : les grands magasins se diffusent en France mais aussi dans les capitales européennes dans la seconde moitié du XIXe siècle. Avec la croissance de la production, les marchés se diversifient et se hiérarchisent. D’un côté, le secteur du luxe se structure, avec des produits (les tissus façonnés et les châles à Lyon, la dentelle de Nottingham ou encore les articles de Paris) destinés à l’exportation, partout en Occident, pour l’aristocratie ancienne et la nouvelle bourgeoisie en plein essor. D’un autre côté, on assiste à la démocratisation de certains produits textiles, comme les indiennes, mais aussi les soies unies et mélangées, ou encore les vêtements confectionnés, à la fin du siècle” Ibid
13 Chantal Puech Histoire de la machine à coudre | Blog | Gallica
14 Maurice Leloir, Bulletin de la Société du Costume, Éditions Leroy, Paris, 1907, [en ligne], disponible sur : http://gallica.bnf.fr, modifié le 14/06/2018
15 LE COSTUME, ENTRE THÉÂTRE ET MODE : Conférence, épisode 1
16 Le premier soutien-gorge est créé et homologué en 1889 par la couturière française Herminie Cadolle. Il sera introduit dans la Haute-couture par Paul Poiret mais il faudra attendre la fin de la Première Guerre Mondiale pour qu’il soit définitivement normalisé.
17 1083.fr, Le pourquoi des mots jeans, jean et denim
18 Elsa laurent, L’histoire du sportswear : Quand Mode et Sport fusionnent, 2023
19 Au fil des années | CGT THCB
20 Julien Chassereau, Vivre en travaillant ou mourir en combattant , Fréquence Populaire
22 E. LEVASSEUR, JOURNAL DE LA SOCIÉTÉ STATISTIQUE DE PARIS, Résultats statistiques du recensement de la population effectué le 24 mars 1901,Journal de la société statistique de Paris, tome 47 (1906), p. 406-414
23 “Dès 1929, le secteur du textile et du vêtement, dont la moitié de la production est exportée, se trouve en difficulté du fait de l’effondrement du commerce mondial. La concurrence étrangère, toujours présente, exerce une contrainte supplémentaire.”
Mélanie Roussel, “L’usine du début des années 1930, antre de domination exaltée et de rébellion tempérée”, p. 49-68, https://doi.org/10.4000/chrhc.3903
24 Vincent Micheline. L’industrie textile en 1970. In: Economie et statistique, n°28, Novembre 1971. pp. 11-19;https://doi.org/10.3406/estat.1971.2144, https://www.persee.fr/doc/estat_0336-1454_1971_num_28_1_214
25 “Le 1er janvier 1966, la banque mondiale classe la France au rang de deuxième puissance économique mondiale. Une position due aux réformes impulsées par Charles de Gaulle depuis 1958 (réformes structurelles, création d’une nouvelle monnaie nationale, etc.)”
Source : Patrice Gibertie https://strategika.fr
Sources :
Manuels généraux d’Histoire :
- BERSTEIN Serge, MILZA Pierre:
- “Histoire du XIXe siècle”, Éditions Hatier, Paris, 1996
- “Histoire de la France au XXe siècle, 1. 1900-1930”, Éditions Pérrin, 1990
- MONNET Sylvie, “La politique extérieure de la France depuis 1870”, Éditons Armand Colin, Paris, 2000
- WINOCK Michel, “La Belle Époque, la France de 1900 à 1914”, Éditions Perrin, Paris, 2003
Ouvrages spécialisés sur la Mode et le Vêtement :
- BENAÏM Laurence, “Le pantalon, une histoire en marche”, les Éditions de l’Amateur, Paris, 1999
- BUTAZZI Grazietta, “La Mode, Art, Histoire & Société”, Éditions Hachette, Paris 1983
- MILLERET Guénolée,
- « La mode du XIXe siècle en images », Éditions Eyrolles, Paris, 2012
- « Haute Couture, Histoire de l’industrie de la création française, des précurseurs à nos jours », Éditions Eyrolles, Paris 2015